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Wellbeing

Le pouvoir sous-estimé de faire une seule chose à la fois

Par talavo5 min de lecture

On vous a sans doute répété que le multitâche est une compétence, quelque chose à mettre sur un CV. Cela ressemble davantage à un tour de magie. Votre cerveau n'exécute pas vraiment deux tâches exigeantes en même temps. Il passe de l'une à l'autre, assez vite pour donner une impression de simultanéité, et vous facture de petits frais à chaque bascule.

Ces frais passent inaperçus à chaque changement pris isolément. Mais sur une journée, ils s'additionnent en quelque chose que l'on ressent sans parvenir à le nommer : une vague fatigue, une pile de choses à moitié terminées, l'impression d'avoir été occupé sans pouvoir dire ce que l'on a réellement fini.

Ce que coûte vraiment chaque bascule

Les chercheurs parlent d'une taxe de reconcentration. Quand vous passez d'un document à un message puis revenez, votre attention ne se remet pas proprement en place. Une partie de votre esprit reste garée sur ce que vous venez de quitter, et il faut un moment, parfois plusieurs minutes, pour recharger complètement ce à quoi vous revenez. Faites cela quelques centaines de fois par jour, et ces minutes cessent d'être négligeables.

Trois coûts méritent d'être nommés, car une fois qu'on les voit, on les remarque partout :

  • La taxe de reconcentration : chaque bascule vous oblige à payer de nouveau pour revenir là où vous en étiez.
  • Un travail superficiel : ce qui est fait par fragments tend à être plus mince, avec les erreurs évidentes laissées en place, parce que vous n'êtes jamais resté assez longtemps pour les repérer.
  • Une fatigue sourde : ce rechargement permanent épuise en silence, le genre de fatigue qu'une sieste ne répare pas mais qu'une heure au calme apaise.

Pourquoi tout vous pousse dans l'autre sens

Rien de tout cela n'est vraiment votre faute. La plupart des logiciels de votre téléphone sont conçus pour servir de second écran. Chaque app aimerait flotter dans un coin pendant que vous faites autre chose. Le picture-in-picture est proposé pour presque tout. Les notifications s'empilent les unes sur les autres, chacune étant une petite invitation à changer de tâche.

La logique est simple, et elle ne joue pas en votre faveur. Une app qui retient une partie de votre attention pendant que vous êtes ailleurs obtient plus de votre temps qu'une app qui attend poliment son tour. Le réglage par défaut dérive donc vers toujours plus à l'écran, plus de choses à la fois, plus d'éléments qui se disputent gentiment votre regard. Le monotâche n'est pas la voie de la facilité. Il faut le choisir, un peu, délibérément.

Le monotâche, un super-pouvoir discret

Le bénéfice n'a rien de spectaculaire, et c'est en partie pour cela qu'il reste sous-estimé. Pas de montage façon film de productivité. Vous obtenez quelque chose de plus calme et de meilleur. Vous finissez ce que vous commencez, parce que vous êtes resté assez longtemps pour arriver au bout. Vous en profitez davantage, parce que vous étiez vraiment présent au lieu de regarder à moitié en jonglant avec deux autres tâches. Et vous vous en souvenez, parce que l'attention est plus ou moins le prix d'entrée de la mémoire.

Un film regardé en répondant à des messages est un film que l'on a à peu près vu. Une leçon suivie pendant que trois autres onglets clignotent est une leçon dont on ne se souviendra qu'à moitié. Ce n'est pas un hasard si apprendre avec la vidéo sans tomber dans le terrier du lapin fonctionne mieux qu'apprendre avec tout le reste ouvert : une seule chose en entrée, une seule chose retenue.

Faire d'une seule chose le réglage par défaut

Inutile d'adopter une méthode ou une app remplie de séries à entretenir. Il vous faut quelques réglages par défaut qui font du monotâche le choix facile plutôt que le choix héroïque. Prenez ceux qui vous conviennent et ignorez les autres.

  • Un écran à la fois. Résistez à l'envie de faire flotter une seconde fenêtre dans un coin. Si quelque chose mérite d'être fait, accordez-lui tout l'écran pendant un moment.
  • Fermez les autres onglets. Pas les réduire, les fermer. Les onglets ouverts demandent silencieusement à être consultés. Ceux dont vous avez vraiment besoin seront faciles à retrouver.
  • Faites taire les canaux. Désactivez les notifications qui ne sont pas réellement urgentes, c'est-à-dire presque toutes. Vous pourrez aller voir quand vous le déciderez, et non quand elles le décident pour vous.
  • Laissez un outil n'afficher que l'essentiel. Quand vous regardez une vidéo, utilisez un outil qui met une seule chose à l'écran et en retire le fil Shorts et les commentaires. C'est toute l'idée de talavo, un navigateur vidéo gratuit et sans distractions pour iPhone et iPad : le Mode Zen masque le reste pour que ce que vous êtes venu regarder soit la seule chose devant vous.

Rien de tout cela n'exige de devenir quelqu'un d'autre. Il s'agit surtout de retirer ce second écran dont vous ne vouliez pas vraiment, puis de remarquer à quel point le premier paraît plus stable. Si vous cherchez une entrée en matière plus douce, reprendre vos soirées est un bon point de départ. Faire une seule chose à la fois se révèle moins une discipline qu'un soulagement.